lundi, août 20, 2007

Les Echos : L'IGN joue la carte des services payants

En ce mois d'Août IGN poursuit sa politique de communication et de valorisation de son changement d'image, en obtenant un très bel article dans les Echos du 16 Août dernier que vous retrouverez soit ci-dessous, soit au lien suivant http://www.lesechos.fr/info/france/4610854.htm.

"L'Institut géographique national (IGN) multiplie les produits et les services pour s'imposer comme une marque grand public.

Télécharger un aperçu aérien de son parcours de vacances via le site Internet Géoportail ; préparer son circuit de randonnée grâce au navigateur GPS Evadeo ; suivre - c'est pour la rentrée - des cours de géologie en trois dimensions... Ce n'est pas une start-up qui est derrière ces initiatives innovantes, mais l'Institut géographique national (IGN). Finie l'image d'une administration publique chargée de la cartographie. Depuis quelques années, l'IGN vit une grande mutation, sur un marché des données cartographiques de plus en plus concurrentiel.

L'institut entend se bâtir comme une marque, tout en misant sur une légitimité acquise au fil des siècles : né le 1er juillet 1940, l'IGN est issu du Service géographique de l'armée créé en 1887 et lui-même issu du Dépôt de la guerre de 1688.

Objectif : valoriser ses fonds de cartes et générer ses propres revenus. Car l'établissement public à caractère administratif, subventionné à 55 % par des dotations de son ministère de tutelle - celui de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables -, doit boucler son budget chaque année en l'assurant à 45 % par ses propres revenus. D'où la multiplication de prestations et services payants. Avec un chiffre d'affaires de 58 millions d'euros en 2006, qui provient en partie de la commercialisation de produits grand public (cartes, photos...) et aux deux tiers « de ventes de droits d'exploitation de bases de données et de prestations personnalisées aux professionnels », précise Nathalie Marthe-Bismuth, directrice commerciale de l'IGN. Dans les déclinaisons classiques de l'institut, les traditionnelles cartes géographiques sur papier jouent les produits phares pour les vacanciers. Face à la concurrence de Michelin, l'IGN en a tiré 13 millions d'euros de revenus en 2006. Sa photothèque lui permet de commercialiser les archives de ses clichés aériens, vers le grand public et les professionnels, et lui a assuré 2 millions de revenus l'an dernier. Une activité assurée via des boutiques en propre, dont celle de la rue La Boétie à Paris, mais aussi ses 18 points de vente en régions, et surtout via Internet.

Des publics ciblés

L'IGN cherche maintenant à commercialiser des services payants, pour des publics ciblés, autour de ses fonds de cartes. Alors que l'activité de cartes papier fléchit « depuis quelques années, face aux outils nomades », souligne Nathalie Marthe-Bismuth. « Nous avions nos fonds et la légitimité pour nous implanter sur le créneau des loisirs », résume-t-elle. Au printemps 2006, l'institut a lancé son Géoportail, un service cartographique qui permet de survoler la France gratuitement sur Internet et de voir par exemple son domicile grâce aux géophotos. La version 2, lancée fin mai avec Atos, Geoconcept et Igéo, a été améliorée, avec notamment un affichage en plein écran, une recherche par lieux-dits, de nouveaux outils de navigation dans l'image. En fin d'année, l'internaute « pourra y faire une recherche par code postal et par adresse », précise François Brun, directeur général adjoint de l'IGN. Et l'affichage en trois dimensions qui apparaît progressivement permet de mettre en relief un paysage. Le grand concurrent Google Earth propose déjà, de son côté, des images en 3D. En revanche, la visualisation du Géoportail est homogène sur les différentes régions.

L'IGN compte ajouter d'autres services grand public, parfois payants. Pour cet été, les horaires des marées y ont été insérés. Et, en 2008, un service payant réalisé avec Météo France « permettra de connecter météo et randonnée en fonction des parcours », explique François Brun. Les clients pourront recevoir une alerte SMS sur la météo, à partir du lieu où ils seront localisés par leur GPS. Pour les professionnels, l'IGN ouvrira en fin d'année un accès payant à ses fonds sur le Géoportail. « Ils pourront importer des données telles que des fonds de cartes ou des photos pour développer leurs propres applications », détaille le directeur général. Ainsi, la société immobilière French Property proposera des liens vers des propriétés à vendre via le Géoportail. Enfin, pour rentabiliser cet outil, la structure envisage de développer la publicité contextuelle, avec des annonceurs en relation avec les recherches des internautes.

Rentabiliser les fonds de cartes

Pour rentabiliser ses fonds de cartes, la marque IGN se décline aussi désormais dans un outil nomade : son GPS Evadeo, commercialisé depuis novembre dernier. Elle est déjà présente sur le marché naissant des bases de données pour GPS, les fournisseurs de données NavTech et TéléAtlas figurant parmi ses clients. Particularité : ce GPS intermodal permet de s'orienter pour une navigation routière traditionnelle mais aussi, ce que ne proposent pas ses concurrents, pour de la marche à pied en ville ou des randonnées en pleine nature. Avec un modèle économique ad hoc : les clients ont droit avec l'appareil aux cartes routières IGN et à 15 « dalles » de zones géographiques au 25 millième téléchargeables gratuitement, mais doivent acquérir les autres. Résultat, le GPS s'est vendu à 20.000 exemplaires fin juin et 50.000 « dalles » ont été achetées en ligne.

Un succès relatif, mais l'institut entend lancer de nouveaux contenus pour son GPS : un abonnement radar a ainsi été lancé ce printemps. S'y ajouteront des services de téléchargement de cartes de grandes villes européennes. L'idée à terme est de vendre du contenu éditorial de guides et balades autour de ces données. Enfin, de nouveaux modèles seront lancés en fin d'année.

Dans un souci d'extension de la marque vont bientôt s'ajouter d'autres produits dérivés ciblés. Public de choix, les scolaires. A partir de septembre, dans le cadre du service EduGeo, certains établissements proposeront à leurs élèves un programme éducatif de géologie, fondé sur les données du Géoportail. « Nous y ajouterons des exercices et du contenu pédagogique développé par le ministère de l'Education nationale », précise François Brun. Les professeurs des établissements abonnés pourront donc élaborer leurs cours autour des fonds du Géoportail et les élèves y accéder chez eux, sur un site spécifique. Le service est financé par le ministère de l'Education nationale les trois premières années, mais fonctionnera ensuite par abonnement des établissements.

Pour les randonneurs et vacanciers, le DVD GéoRando permet au randonneur aguerri de créer sa balade et d'envoyer ses données sur son GPS. Reste que les ventes sont faibles, avec 5.000 titres achetés par trimestre. En 2008 sortira donc une nouvelle version. L'IGN prépare aussi pour l'an prochain une plate-forme Internet autour de la randonnée, qui comportera un contenu en partie gratuit.

Mais, dès cet été, l'IGN entend bien affirmer sa marque auprès d'un public en vacances. Avec Evadeo, il est le parrain du programme court « Ushuaïa » sur TF1. De quoi entretenir le goût des voyages."

jeudi, août 02, 2007

Un blog cartographique passionnant

Cela fait maintenant quelques mois que je prends un immense plaisir à lire les messages du blog http://strangemaps.wordpress.com/.

L'auteur, bien discret au demeurant, publie régulièrement de superbes et fascinantes "Strange Maps", les enrichissant de délicieux commentaires.

Je remercie d'ailleurs au passage le petit bazar cartographique de m'avoir permis de découvrir ce site passionnant.

La publication la plus originale étant à mon sens celle sur la carte du métro du web 2.0 (http://strangemaps.wordpress.com/2007/07/21/153-a-subway-map-of-web-trends-20/). Génial !


Merci à l'auteur de la carte et à l'auteur du Blog.

vendredi, juillet 27, 2007

MapShare de TomTom, la première initiative industrielle de maintenance communautaire d’une base de données ?

En moins de 2 semaines de multiples informations tendent à indiquer une prochaine évolution forte des méthodes de maintenance, dans un premier temps, et de production certainement dans un second temps.

Pas plus tard que début Juin dernier TomTom annonçait le lancement de son initiative MapShare. Un programme dans lequel chaque possesseur des nouvelles générations de TomTom, pourra indiquer les erreurs dans la base. L’utilisateur pour modifier les contenus attributaires et les POIs, pas encore la géométrie. Certainement la prochaine étape. (Si vous voulez aller dans plus de détails, je vous conseille ce forum sur GPS Passion, n’hésitez pas à descendre un peu).


Et quiconque renseignera le système pourra aussi bénéficier des mises à jours des autres utilisateurs. Une vraie démarche web 2.0 appliquée à la maintenance des attributs d’une base.

3 semaines plus tard, à l’occasion d’une interview faite par Directions Magazine, on a confirmation que TomTom ne partagera pas son contenu, et qu’il ne le remontera pas non plus à Tele Atlas.

Évidemment, le contexte du rachat de Tele Atlas, faisait s’interroger sur la démarche. L’une des co-fondatrice de TomTom, Corine VIGREUX, indique que MapShare sera maintenu, mieux, toutes les informations seront maintenant intégrées dans la base Tele Atlas, pour ambitionner d’en faire la meilleure couverture mondiale possible.


Avec 18000 remontées depuis le lancement en Juin de Mapshare, on se plaît à rêver de l’amélioration possible des bases.

Se pose effectivement le problème de la cohérence, mais tel Wikipedia, on peut aisément imaginer que les équipes de production de Tele Atlas, puisse évoluer vers des fonctions de modérateur en validant les propositions de mise à jour.

Tele Atlas pouvant devenir la première initiative collaborative de maintenance d’un référentiel cartographique à l’échelle mondiale.

Et cette initiative en rencontre alors d’autres.

Je suis un lecteur régulier, et un observateur attentif de ce qui se passe du côté d’OpenStreetMap (OSM, dont je vous invite à découvrir le Blog).

Cette initiative, née au début des années 2000, ambitionne de constituer de manière collaborative, un référentiel routier et postal, dans l’esprit d’une démarche collaborative et opensource. La constance de l’effort de ces membres, associé à une évolution forte du marché, vient d’aboutir à un accord historique.

AND, l’éditeur néerlandais d’un référentiel routier mondial, vient de faire donation de sa carte des Pays-Bas à OpenStreetMap.




Dans cet accord, AND met librement à disposition de la communauté OSM ses cartes. La communauté OSM, vous par exemple, pourra les exploiter totalement librement, contribuer à leur maintenance, et son éventuelle complétude. En échange tout le monde pourra en disposer librement, AND compris.

L’éditeur vient de renverser totalement la logique du marché. Il n’escompte plus faire de business à partir de son référentiel, mais compte sur ses applications à valeur ajoutées, et ses produits dérivés pour générer son Chiffre d’Affaires.

Le bénéfice est supérieur pour AND en partageant sa base avec tout le monde, en la reversant dans un modèle opensource, en contrepartie d‘une mise à jour démultipliée, par un nombre de contributeurs très supérieur aux ressources que AND savait consacrer à la mise à jour de sa base.

TomTom est résolument en train d’évoluer dans cette direction, à un degré moindre aujourd’hui.

La prochaine étape sera la création communautaire de données, et celle-ci arrivera rapidement à une échelle mondiale. Les acteurs Google, Microsoft, Yahoo, les éditeurs de SIG, dont ESRI, ont besoin de disposer de référentiels cartographiques pour des besoins de géocodage, de calcul d’itinéraire et pour des besoins de représentation cartographique. Ils disposent tous des infrastructures, certains des technologies de création au travers de clients légers, de la communauté mondiale d'utilisateurs.

Ces initiatives ne devraient pas manquer de leur donner des idées, notamment à tous ceux qui disposent d’images aériennes et satellitaires récentes, permettant à des équipes de production de collecter de la donnée brute, et de compléter ces données par des démarche de collectes terrain (ré exploitant les images des initiatives street view par exemple), tout en associant la communauté des millions d’utilisateurs, qui renseigneront leur environnement direct.

Le marché de la donnée géographique vit actuellement de véritables bouleversements, l’avenir s’annonce passionnant !

L'IGN et la BD Topo

Dans son numéro daté Juillet-Août 2007 de IGN Magazine, l'Institut annonce la fin de la saisie initiale de la BD Topo, devenant ainsi, enfin, la seconde composante du RGE disponible sur l'ensemble du territoire.





IGN précise cependnat également que cette disponibilité sur l'ensemble du territoire, ne signifie pas pour autant une actualité parfaite de l'ensemble des informations. Ainsi sur le site http://www.clubrge.fr/ (je reviendrai sur quelques informations glanées sur ce site), IGN précise que "BD TOPO ne serait pas complète sans les informations de nos partenaires comme RFF, qui nous fournit de nombreuses données sur les voies ferrées, ou EDF pour les lignes électriques. Nos relations avec ces organismes sont également de la plus grande importance lors des évolutions et des mises à jour des différentes composantes du RGE®. Le partenariat avec l’IFN permettra prochainement de préciser les informations d’occupation du sol de la BD TOPO."


IGN maintient dans le même temps sa prévision de disponibilité de l'ensemble de la BD Parcellaire pour la fin de l'année civile en cours.

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17:40 - Complément d'information

La notion de Saisie Initiale doit se comprendre comme travail de production. Si en Juin se fut bien la fin des travaux de production, il reste encore quelques traitements complémentaires à réaliser par IGN avant de disposer du produit livrable à un utilisateur.

Il semble que ceci ne soit qu'une question de jours, au pire de semaines. Mais il reste encore à traiter 2 départements métropolitains avant de pouvoir livrer l'intégralité de la métropole. Manquent également à l'appel, 2 départements outremer.

Il est acquis visiblement que tout sera commercialement livrable à la rentrée de Septembre.

lundi, juillet 23, 2007

TomTom lance une OPA sur TeleAtlas

Information issue de multiples sources, dont cet article de La Tribune d'oujourd'hui. Finalement la rumeur est née du côté de Navteq, et TeleAtlas aura changé de main le premier. Avec une plus value de 27% dans la journée d'hierr, Navteq est également entrainé à la hausse avec 17% dans son sillage.

Article de la Tribune : " TomTom sur le point de racheter son fournisseur de cartes Tele Atlas

Sauf surprise, le producteur néerlandais de systèmes de navigation (GPS) TomTom devrait mettre la main sur son fournisseur de cartes, Tele Atlas, pour 1,8 milliard d'euros (2,5 milliards de dollars).

En proposant 21,25 euros par action de Tele Atlas, soit 32% de plus que la moyenne du cours depuis trois mois, l'offre de TomTom devrait suffire pour acquérir son fournisseur de cartes, valorisé par cette offre à 2 millions d'euros.

Le conseil d'administration et de surveillance de Tele Atlas ont accueilli faborablement l'offre de TomTom. Celle-ci ne devrait pas avoir d'impact en terme d'emplois et ne remet pas en cause les contrats signés entre le fournisseur d'images et ses clients, dont le fabricant de téléphone mobile Nokia.

Le producteur néerlandais de systèmes GPS pourrait bénéficier de synergies non négligeables. Les activités de Tele Atlas sont en effet complémentaires de celles de TomTom.

Le premier fournit des cartes digitales que le second utilise pour ses systèmes de navigation.
TomTom confirme ainsi sa volonté de maîtriser l'ensemble de la chaîne de production dans le domaine du GPS. Après avoir fait l'acquisition en juin du portefeuille de brevets de Horizon Navigation Inc., spécialisé dans les sytèmes de navigation pour automobiles, le néerlandais poursuit la verticalisation de ses activités avec Tele Atlas. Il souhaite également se renforcer face à son concurrent direct Garmin, lui aussi producteur de systèmes GPS.

Tele Atlas deviendra une filiale de TomTom dont les résultats trimestriels publiés lundi se révèlent encourageants. Le néerlandais a en effet réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 37% au deuxième trimestre 2007, à 389 millions d'euros, ainsi qu'un bénéfice net en progression de 81%. Il table sur la vente de 8 à 9 millions d'appareils GPS cette année. Son cours de bourse affiche une hausse de 6,78% à 43,78 euros. Quant à celui de Tele Atlas, il s'envole de 27,01% à 21,02 euros.