MapShare de TomTom, la première initiative industrielle de maintenance communautaire d’une base de données ?
En moins de 2 semaines de multiples informations tendent à indiquer une prochaine évolution forte des méthodes de maintenance, dans un premier temps, et de production certainement dans un second temps.
Pas plus tard que début Juin dernier TomTom annonçait le lancement de son initiative MapShare. Un programme dans lequel chaque possesseur des nouvelles générations de TomTom, pourra indiquer les erreurs dans la base. L’utilisateur pour modifier les contenus attributaires et les POIs, pas encore la géométrie. Certainement la prochaine étape. (Si vous voulez aller dans plus de détails, je vous conseille ce forum sur GPS Passion, n’hésitez pas à descendre un peu).
Et quiconque renseignera le système pourra aussi bénéficier des mises à jours des autres utilisateurs. Une vraie démarche web 2.0 appliquée à la maintenance des attributs d’une base.
3 semaines plus tard, à l’occasion d’une interview faite par Directions Magazine, on a confirmation que TomTom ne partagera pas son contenu, et qu’il ne le remontera pas non plus à Tele Atlas.
Évidemment, le contexte du rachat de Tele Atlas, faisait s’interroger sur la démarche. L’une des co-fondatrice de TomTom, Corine VIGREUX, indique que MapShare sera maintenu, mieux, toutes les informations seront maintenant intégrées dans la base Tele Atlas, pour ambitionner d’en faire la meilleure couverture mondiale possible. 
Avec 18000 remontées depuis le lancement en Juin de Mapshare, on se plaît à rêver de l’amélioration possible des bases.
Se pose effectivement le problème de la cohérence, mais tel Wikipedia, on peut aisément imaginer que les équipes de production de Tele Atlas, puisse évoluer vers des fonctions de modérateur en validant les propositions de mise à jour.
Tele Atlas pouvant devenir la première initiative collaborative de maintenance d’un référentiel cartographique à l’échelle mondiale.
Et cette initiative en rencontre alors d’autres.
Je suis un lecteur régulier, et un observateur attentif de ce qui se passe du côté d’OpenStreetMap (OSM, dont je vous invite à découvrir le Blog).
Cette initiative, née au début des années 2000, ambitionne de constituer de manière collaborative, un référentiel routier et postal, dans l’esprit d’une démarche collaborative et opensource. La constance de l’effort de ces membres, associé à une évolution forte du marché, vient d’aboutir à un accord historique.
AND, l’éditeur néerlandais d’un référentiel routier mondial, vient de faire donation de sa carte des Pays-Bas à OpenStreetMap. 
Dans cet accord, AND met librement à disposition de la communauté OSM ses cartes. La communauté OSM, vous par exemple, pourra les exploiter totalement librement, contribuer à leur maintenance, et son éventuelle complétude. En échange tout le monde pourra en disposer librement, AND compris.
L’éditeur vient de renverser totalement la logique du marché. Il n’escompte plus faire de business à partir de son référentiel, mais compte sur ses applications à valeur ajoutées, et ses produits dérivés pour générer son Chiffre d’Affaires.
Le bénéfice est supérieur pour AND en partageant sa base avec tout le monde, en la reversant dans un modèle opensource, en contrepartie d‘une mise à jour démultipliée, par un nombre de contributeurs très supérieur aux ressources que AND savait consacrer à la mise à jour de sa base.
TomTom est résolument en train d’évoluer dans cette direction, à un degré moindre aujourd’hui.
La prochaine étape sera la création communautaire de données, et celle-ci arrivera rapidement à une échelle mondiale. Les acteurs Google, Microsoft, Yahoo, les éditeurs de SIG, dont ESRI, ont besoin de disposer de référentiels cartographiques pour des besoins de géocodage, de calcul d’itinéraire et pour des besoins de représentation cartographique. Ils disposent tous des infrastructures, certains des technologies de création au travers de clients légers, de la communauté mondiale d'utilisateurs.
Ces initiatives ne devraient pas manquer de leur donner des idées, notamment à tous ceux qui disposent d’images aériennes et satellitaires récentes, permettant à des équipes de production de collecter de la donnée brute, et de compléter ces données par des démarche de collectes terrain (ré exploitant les images des initiatives street view par exemple), tout en associant la communauté des millions d’utilisateurs, qui renseigneront leur environnement direct.
Le marché de la donnée géographique vit actuellement de véritables bouleversements, l’avenir s’annonce passionnant !

1 commentaires:
Bonjour,
Mélanger OpenStreetMap et MapShare de TomTom, c'est un peu fort !
OSM est un projet collaboratif et libre "dont l'objectif est de fournir à tout ceux qui le désirent, des données géographiques gratuites telles que les cartes routières. Le projet a débuté car la plupart des cartes qui semblent gratuites ont des restrictions légales ou techniques limitant leur usage et empêchant de les utiliser de façon créative, productive ou inattendue."
voir http://wiki.openstreetmap.org/index.php/Fr:Main_Page
Sur OpenStreetMap, on est bien contributeur.
Chez TomTom, on est et reste client , même si on est mis à contribution.
Vu sur le forum GPS Passion :
"Certains ont pensé que c'était la fin des mise à jour payantes de cartes, celles-ci évoluant maintenant de manière dynamique, mais j'ai eu des précisions et comme on pouvait le craindre, ça ne les remet pas en cause"
http://www.gpspassion.com/forumsen/topic.asp?TOPIC_ID=89038
Et pas non d'interopérabilité : les mises à jour remontées à TomTom ne sont pas transmises à la concurrence
ESRI fait des ristournes aux contributeurs ?
WuDudsu
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